Le Port de Barcarès : lieu de Partage et d'Echanges
en 6 séries & 26 photos + 1 Hors-Série (8 photos)

Le Port de Barcarès a réussi à conserver, animer et mettre en valeur son patrimoine maritime, allant des sentiers et des promenades qui serpentent entre mer et étang au musée vivant des barques catalanes et containers de street art, dressés tels le Colosse de Rhode pour le protéger.
Il est le lieu de partage et d'échanges  pour les habitants, les collectivités , pécheurs, plaisanciers  comme pour les touristes, de la tradition maritime de Barcarès autour de son patrimoine matériel (barques, barracas ou casots) et immatériel tel que la navigation sous voile latine. 
La connaissance et la mise en valeur de ce patrimoine créent un lien social de premier ordre et révèlent les identités locales, en mobilisant, en rassemblant les acteurs et en créant de l’engagement citoyen. 
Série 1 : La Genèse (500 ans déjà) 
Dès le 16ème siècle, quelques familles Laurentines sont venues s’installer près de l'embouchure de l'Agly et le long de la bande de sable entre étang et mer pour y vivre de la pêche. Les bateaux étaient hissés à la force des bras sur le sable en glissant des pals en bois sous les coques.
Sur la carte de Cassini (18ème siècle), apparaît l'appellation "Port de Barques avant que la forme catalane El Barcarés soit attestée en 1866.
Au fil du temps, ces marins pécheurs s’organisent. Ils finissent même par construire leurs propres bateaux. De petits chantiers navals (Calvet,...)  voient le jour. La vie s'organise petit à petit en société autour de son église (ancien hangar à bateaux)  et de son phare.
Seul endroit à avoir une activité maritime indépendante de leur village natal, plus centré sur la culture des terres, le village de Barcarès obtient son indépendance en 1929.
Le Grau St Ange n'était alors qu'un passage entre l'étang et la mer et délimitant la fin de la  terre "ferme" de cette longue bande sable, peuplée de quelques casots seulement et infestée de moustiques, mais "apprivoisée" par les pêcheurs.​​​​​​​
Série 2 : Le Port du Grau Saint Ange (50 ans seulement)
Il faudra attendre les années 1960 d'abord pour construire le pont entre la terre "ferme" et la bande de sable entre étang e mer avant de progressivement dans les années 1970 aménager le grau St Ange en port de pêche et de plaisance dans le cadre de la mission Racine de développement du tourisme sur la côte languedocienne.
La tradition maritime du Barcarès illustrée par les barques catalanes y côtoie les bateaux de plaisance.



Série 3 : Bonança ou l'art de perpétuer et transmettre un savoir-faire 
En Salanque, sur la commune de Saint-Hippolyte, existe un havre de paix que l’on appelle La Font del Port. Passez le pont de l’art et, quelques mètres plus loin, vous découvrez un lieu hors du temps où trône paisiblement une baraque en sanills, cabane typique des pêcheurs des côtes catalanes. C’est ici que se reposent d’honorables barques fatiguées, que l’association Bonança tient à cœur de faire revivre en transmettant son savoir-faire. 
Les petits chantiers navals comme Calvet au Barcarès (constructeur en 1928 de la sardinal Flor Del Sal) ayant disparu, le flambeau de la réparation/restauration a été repris par  Bonança  ou le chantier naval  Bernadou, basé au Canet-en-Roussillon, selon l'ampleur des travaux.
Une fois remises en état, les baraques sont  exposées dans le port de pêche et mises entre les mains de l'association barcarésienne des Barques Catalanes en charge de leur entretien courant et de perpétuer la tradition de la voile latine auprès du public, touristes et lors des grands événements maritimes tels Sète ou Port-Vendres, ou les journée du patrimoine.
Dans le cadre du programme national de "Bateaux d'Intérêt Patrimonial" (BIP) et avec la volonté de perpétuer la culture catalane, la mairie de Barcarès a mis en place une politique de rachat, rénovation et entretien de barques catalanes laissées à l'abandon. Au Barcarès, 5 barques sont classifiées en "BIP" (Flor De Sorral, Trip I Trap, l'Espérance, Idéal, Saint Michel).
Hors-séries : Par le petit bout de la lorgnette -  L'histoire de la barque catalane "Le Saint-Michel" (bonitier) : à valider avec Jean-Paul Heras
Construite à Oran en 1953, Le Saint Michel comme de nombreux pied-noirs a fuit l'Algérie pour venir se réfugier en France. Malgré son petit gabarit, elle parvient à rallier les côtes espagnoles en une nuit, et met ensuite un mois et demi avant d'atteindre la côte Vermeille. Avec Port-Vendres en objectif ultime, c'est finalement à Port la Nouvelle que le bonitier terminera son voyage. Elle est aujourd'hui amarrée au Barcarès. 
Type de bateau : Il s'agit d'un bonitier, un type de bateau de pêche traditionnel en bois, conçu à l'origine pour la traque du bonite (un poisson de la famille des thons) en Méditerranée.
Gréement : Fidèle à la tradition des Barques Catalanes du Barcarès, il arbore un gréement traditionnel et participe activement aux sorties en mer ainsi qu'aux rassemblements de voiles latines de la région
BIP ?? non-trouvé sur le site ?

Histoire détaillée 

Le Saint-Michel est né à Oran, en 1953 dans le chantier Ortigosa, par un charpentier d’origine italienne pour Georges Auturo, pêcheur de Mers El  Kébir et originaire de la baie de Naples. Pendant près de 10 ans, ce petit bonitier de 8,90 mètres de long sur 3,2 mètres de large, à l’étrave à guibre et à l’arrière pointu, œuvre dans cette famille.  En 1962, à la fin de la guerre d’Algérie, des milliers de pieds-noirs prennent la route de l’Hexagone. Parmi eux, nombreux sont les pêcheurs qui traversent la Méditerranée. Le Saint-Michel est de ceux-là. Dans son blog, Hervé Grauby, passionné du golfe du Lion, raconte que, si les chalutiers sont autorisés à faire la traversée en raison de leur tonnage permettant de naviguer en haute mer, il n’en est rien des petits navires comme le Saint-Michel. Traversée clandestine Cinq unités s’associent pour traverser clandestinement : « La nuit, les cinq bateaux s’amarrent les uns aux autres par de longues aussières pour ne pas se perdre puis, tous feux éteints, filent vers le large. » Ils mettent une journée pour arriver du Cap Falcone à Alméria, en Espagne, puis remontent la côte en un mois pour s’amarrer à Port-la-Nouvelle.
Ses quatre baptêmes
Le Saint-Michel restera dès lors dans le sud de la France, naviguant entre de nombreux propriétaires. Vendu en 1973 à un club de plongée, le bonitier subit ses premières transformations. En 1981, il est de nouveau cédé, transformé (le tillac avant est surélevé) et se fait baptiser Alphéa. Dix ans plus tard, il prend sa retraite définitive pour servir à la plaisance, se fait brièvement appeler Talisman, puis Trapanelle l’année suivante. Il est alors gréé d’une voile latine (ornée d’une croix rouge de templiers) et restauré par les frères Marquez.
3 ans de travaux bénévoles
En 2006, l’association Marine & Tradition de Palavas le rachète en piteux état pour 1 euro symbolique. Les hauts sont abîmés mais la coque est saine à 65 %. L’embarcation est alors envoyée au chantier de la Plagette de  Sète. Les travaux dureront 3 ans. Entre 25 et 30 adhérents sont sur le coup, sous la houlette du charpentier Raymond Dublanc, qui témoigne au Midi-Libre en août 2009 : « Il a de belles courbes qui rentrent, qui sortent et qui s’échappent ». Ponçage et peinture, restauration du volume moteur, nettoyage du tillac avant, pose du pont arrière et avant…
Une affaire de familles
Le long de  la côte vermeille  Anick et Jean-Claude Perez, administrateurs et bénévoles de l’association, s’investissent particulièrement pour tirer les fils du passé afin de transmettre l’histoire de ce bateau. Pour cause : « mon mari est pied-noir, neveu d’un pêcheur de Béni-saf », précise Anick. Le couple arrive même à retrouver la famille propriétaire du bateau en 1953. Avec près de 1 300 heures de travail, et 20 000 euros déboursés, cette restauration est un succès.
En septembre 2009, la Trapanelle retrouve ses couleurs, prête à reprendre le large sous son nom de neuvage, Saint-Michel. Il est reconnu d’intérêt patrimonial dans la foulée. En 2021, Marine & Tradition le vend à l’association des Barques Catalanes du Barcarès.
Depuis 2021 :
Jean-Paul Heras en est le pratron depuis 2021. Le bateau est basé depuis cinq ans au Barcarès, et est membre de l’association des Barques catalanes du Barcarès
Série 4 : Journées du Patrimoine 2026 : transmettre une tradition maritime autour d'un ballet de barques !
une opportunité unique pour transmettre la connaissance sur les barques catalanes et la vie des pêcheurs d'antan en permettant de voir manoeuvrer au plus prés ces barques et d'accueillir à leurs bords les résidents et touristes ...
...et en passant qui plus est devant le vieux  village des pêcheurs constitué de casots, où des ateliers et conférences animés par d'anciens pêcheurs font revivre les gestes, les récits et les savoir-faire d'autrefois. 
Ces rencontres intergénérationnelles participent pleinement à la préservation de l'histoire du Barcarès.
Les casots dont 2 sont protégés et classés aux Monuments Historiques (Canal et Cabrol), sont le signe tangible de l'usage ancestral des lieux et de la sociabilité qui l'accompagne. Si les bois flottés en constituaient  l’armature, les « sanills », roseaux qui poussaient à l’époque abondamment au bord de l’étang, faciles à travailler, souples, étanches, gratuits et abondants étaient utilisés pour la réalisation des murs et du toit.
Quel bonheur de voir évoluer ces barques , tradition maritime de Barcarès, dans le port. 
(photos Eric R. et Bernard F.)
Série 5 : Fières de leurss traditions : elles sont de toutes les fêtes !
La commune de Barcarès représente la frontière Nord de la Catalogne. Les Fêtes de la Saint Jean et de l'Assomption sont deux événements forts qui rappellent d'une part sa catalanité et d'autre part que la mer est au coeur d'une histoire collective, un espace de travail et une mémoire profondément ancrée dans la commune.
La fête du solstice d'Eté (23 Juin) avec l'arrivée de la flamme du Canigou jusqu'au port par les barques catalanes, traduit l'appartenance de Barcarés à la Catalogne, celle, religieuse, du 15 Août rend hommage aux marins disparus.
Ces fêtes sont aussi une communion intergénérationnelle et permettent de transmettre localement cet héritage aux nouvelles générations comme aux vacanciers.
Les barques catalanes du Barcarès s'expatrient aussi pour arborer fièrement leur identité lors des événements maritimes de Sète, Port-Vendres, voire Douarnenez (même pas peur !)
Série 6 : L'histoire continue 
Le soleil se couche à l'horizon mais l'histoire du Barcarès continue avec la mission Racine, son architecte Candilis et l'arrivée de peuples originaires des régions au nord de la Catalogne et "colonisant"  cette bande de sable jusque-là  inhospitalière, située entre étang et mer...
↑Back to Top